Publié par : ticinfos | juin 17, 2008

Quelques indicateurs sur les TIC au Maroc

Ci-après quelques documents produits par l’observatoire de l’ANRT pour informer sur la situation et l’état des TIC au Maroc

 

  • Le tableau de bord du marché du mbile au Maroc (Mars 2008): marchetelmobil
  • Le tableau de bord du marché Internet au Maroc (Mars 2008):  marcheinternetmaroc
  • Analyse de l’évolution trimestrielle des marchés du fixe, du mobile et de l’Internet au 31 mars 2008:analyseevolutiontelinternet
  •  Résultats de l’enquête de collecte des indicateurs TIC pour l’année 2007: enquetemarche
  • Tableau de bord des indicateurs TIC pour les particuliers, les ménages et les entreprises: bd_indic_tic

     

Plus d’informations et de documents à télécharger sont disponible sur le site de la source (ANRT): http://www.anrt.ma

 

Publié par : ticinfos | juin 16, 2008

Le travail avec les technologies de l’information

Un livre sur la présence et l’usage des technologies de l’information dans les situations de travail, est en vente dans les librairies.

 

Le travail avec les technologies de l’information (Collection technique et scientifique des télécommunications)

Auteur(s): KESSOUS Emmanuel, METZGER Jean-Luc

Date de parution: 07-2005
Langue : FRANÇAIS
314p.

Résumé

Les technologies de l’information sont omniprésentes dans les situations de travail. Savoir gérer l’information sous forme numérique, la traiter et communiquer sont des compétences de plus en plus nécessaires aux salariés. Comprendre les usages de ces technologies devient donc un enjeu important pour repenser les questions centrales du travail, qu’elles portent sur les compétences, les qualifications, la formation, les rapports hiérarchiques, les pratiques syndicales et l’organisation ou la coordination des activités. Cet ouvrage collectif décrit et analyse, d’un point de vue sociologique, l’ensemble de ces dimensions. Plus précisément, à partir d’études de terrain, quinze chercheurs, issus de disciplines voisines, livrent des analyses concernant aussi bien les transformations de l’organisation du travail dans de grandes entreprises de service que les modifications des pratiques professionnelles de travailleurs indépendants. Ces études sont également l’occasion de présenter la pluralité des méthodes et des paradigmes mobilisés en sciences sociales.

Source: http://www.lavoisier.fr/notice/fr331188.html

Publié par : ticinfos | juin 16, 2008

Schéma des trois pôles de la société du savoir

 On ne peut apprivoiser la société émergente par l’étude des phénomènes pris un à un, mais plutôt par l’analyse de l’ensemble des tendances à partir de ses trois dimensions.

Les passages produisent des effets qui sont le reflet des grandes batailles que les mégamajors et les États-nations se livrent actuellement pour le contrôle de l’accès à l’information (contenus et services), de la nouvelle économie (marchés et territoires) et de l’imaginaire des gens (langue et culture).

 

Disponible en ligne sur: http://www.michelcartier.com/McArticleC.php3?id_article=88

 Le 3 novembre 2005, Koïchiro Matsuura, Directeur Général de l’UNESCO, a présenté à la presse le premier Rapport mondial de l’organisation, Vers les sociétés du savoir. Ce Rapport, disponible en six langues, met en évidence les opportunités liées à l’essor des sociétés du savoir. Il avance dix recommandations opérationnelles pour que le savoir soit mieux partagé à l’échelle internationale.

Vers les sociétés du savoir propose des pistes de réflexion et d’action pour partager le savoir : les réaffectations de dettes (debt swaps) peuvent financer des programmes d’éducation et de développement ; le « collaboratoire » (terme formé à partir des mots collaboration et laboratoire) fait travailler à distance des chercheurs autour d’un objectif commun ; les dispositifs de « crédit-temps » et de formation permanente permettent à chacun de s’adapter aux évolutions des métiers.

Pour consultez le rapport cliquez sur le lien: verssocietesavoir

 

Plus d’informations sur le rapport sont disponibles sur la source: http://portal.unesco.org/shs/fr/ev.php-URL_ID=8951&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html

Publié par : ticinfos | juin 16, 2008

Comment le web change le monde: l’alchimie des multitudes

Un livre,  paru récemment, sur l’apport du web et de l’informatique:

Comment le web change le monde: l’alchimie des multitudes

 Auteur(s): PISCANI Francis, PIOLET Dominique

Editeur: Village Mondial

Date de parution: 11/04/2008
Langue : FRANÇAIS
264p.

source: http://www.decitre.fr/livres/Comment-le-web-change-le-monde.aspx/9782744062612

Bruxelles, le 30 mai 2008

La Commission européenne dévoile aujourd’hui un projet pilote qui vise à garantir la reconnaissance transnationale des systèmes nationaux d’identité électronique et à permettre un accès aisé aux services publics dans 13 États membres. Près de 30 millions de citoyens dans l’ensemble de l’UE utilisent leur carte d’identité électronique nationale pour accéder à une gamme de services publics: prestations de sécurité sociale, allocations de chômage, ou déclaration de leurs revenus. Ce projet de la Commission permettra aux citoyens de l’UE de prouver leur identité et d’utiliser des systèmes nationaux d’identité électronique (mots de passe, cartes d’identité, codes PIN et autres) à travers l’UE, et non plus uniquement dans leur pays d’origine. L’objectif est d’harmoniser et de relier ces systèmes nationaux sans remplacer ceux qui existent déjà. Ce projet s’étalera sur trois ans et recevra un financement de 10 millions EUR de la Commission européenne ainsi qu’une contribution égale des partenaires.

«Les identités électroniques ne répondent pas encore assez aux besoins des citoyens mobiles de l’UE», a déclaré Viviane Reding, membre de la Commission européenne responsable de la société de l’information et des médias. «En tirant parti de l’évolution des systèmes nationaux d’identité électronique et en promouvant la reconnaissance mutuelle des identités électroniques entre les États membres, ce projet nous rapprochera un peu plus d’une mobilité sans entrave entre les pays de l’UE. Voilà ce que les citoyens européens attendent d’un marché unique sans frontières.»

La mise en œuvre de services publics en ligne progresse rapidement à travers l’UE. Un chauffeur de taxi belge peut ainsi préparer et déclarer ses revenus en ligne tandis qu’une infirmière estonienne peut utiliser sa carte d’identité électronique pour rapidement vérifier ses droits à pension. Les services en ligne présentent toutefois des lacunes lorsque les citoyens essaient d’utiliser une carte d’identité émise dans un pays pour accéder aux services d’un autre pays.

La Commission européenne, 13 des 27 États membres (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Estonie, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Slovénie et Suède) et l’Islande (partie à l’accord sur l’Espace économique européen avec l’UE) vont coopérer pour assurer la reconnaissance transnationale de différents systèmes nationaux d’identité électronique. Ce projet vise à mettre sur pied plusieurs projets pilotes transnationaux qui s’appuient sur les systèmes nationaux existants. Fort de son ampleur et de sa dynamique, il permettra d’éliminer les obstacles traditionnels et favorisera la reconnaissance mutuelle des identités électroniques d’autres pays. Les solutions développées et l’expérience acquise par l’équipe du projet sera partagée avec tous les États, qu’ils fassent ou non partie du projet pilote.

Le nouveau système ne se substituera pas aux systèmes nationaux, il permettra aux citoyens de s’identifier par voie électronique de façon sécurisée et de traiter avec les administrations publiques, que ce soit à partir de bureaux publics, de leur ordinateur personnel ou, idéalement, de tout autre terminal mobile. Cela signifie par exemple qu’un étudiant pourra s’inscrire dans une université étrangère au moyen de l’identité électronique délivrée dans son pays d’origine. Certains services transnationaux sont déjà mis en place. Un site web belge permet par exemple aux entreprises étrangères de s’inscrire et d’employer des citoyens suédois. À l’issue du projet, ce genre de démarche devrait être possible avec la carte d’identité électronique nationale.

Que ce soit pour leur travail, leurs études ou leurs vacances, il est crucial pour les citoyens européens qui voyagent en Europe de pouvoir accéder aisément aux services publics dans l’UE. Ce projet contribue à l’amélioration de la mobilité des travailleurs en Europe.

Le contexte:

Le programme-cadre pour la compétitivité et l’innovation (CIP) de l’Union européenne promeut la compétitivité des entreprises européennes. Le programme d’appui stratégique en matière de technologies de l’information et de la communication (TIC), l’un des trois programmes opérationnels du CIP, promeut l’innovation et la compétitivité par la généralisation des TIC et une meilleure utilisation de celles-ci par les citoyens, les entreprises et les gouvernements.

Ce projet d’identité électronique est un projet pilote à grande échelle: il est géré par les pays y participant et vise à assurer la prestation transnationale de services basés sur les TIC déjà opérationnels aux niveaux national, régional et local. Les projets pilotes à grande échelle s’appuient sur ces derniers pour établir des spécifications communes qui peuvent être mises en place et faire l’objet d’un accord plus large, afin que différents systèmes nationaux puissent communiquer entre eux et interagir, et permettre ainsi aux citoyens et aux entreprises de tirer profit de tous les avantages du marché unique.

Ce projet pilote à grande échelle, appelé STORK (Secure idenTity acrOss boRders linKed), vise à mettre en œuvre un système européen de reconnaissance de l’identité électronique qui permettra aux entreprises, aux citoyens et aux agents de la fonction publique d’utiliser leur identité électronique nationale dans n’importe quel État membre. Il permettra de tester certaines des fonctionnalités les plus utiles de l’identité électronique en définissant un ensemble de spécifications communes pour reconnaître différentes identités électroniques nationales entre les pays participants, et il sera accessible par d’autres pays.

Au début de ce mois, la Commission a lancé un autre projet pilote à grande échelle qui permettra aux entreprises en Europe de répondre par voie électronique à des marchés publics à travers l’Europe (voir IP/08/785).

Pour plus d’informations:

Identité électronique:

http://ec.europa.eu/information_society/activities/egovernment/policy/key_enablers/eid/index_en.htmAdministration en ligne:
http://ec.europa.eu/egovernment

Programme d’appui stratégique en matière de TIC: http://ec.europa.eu/ict_psp CIP:

http://ec.europa.eu/cip/index_fr.htm

Article disponible en ligne: http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/08/824&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en

Publié par : ticinfos | juin 16, 2008

Qu’est ce que le web 2-0?

Difficile de comprendre quel est ce web 2.0 dont tout le monde parle, tant les définitions semblent s’opposer. C’omme le souligne l’animateur d’Homo-Numéricus : “On voit bien qu’il s’agit d’un même phénomène, mais aux multiples dimensions. Certains insistent sur la dimension technique, d’autre sur les pratiques éditoriales, d’autre encore sur la dimension sociologique.” D’un côté, il est vu comme le basculement des techniques vers des services, de l’autre il représente un nouveau réseau d’interaction sociale. Dans les deux cas pourtant, il replace l’utilisateur et ses relations avec les autres, plutôt qu’avec des contenus ou des machines, au centre de l’internet. Le web 2.0 est résolument relationnel.

Léditeur Tim O’reilly rappelle certainement le mieux d’où vient la formule : à son origine, le terme “web 2.0″ capturait le sentiment commun selon lequel il se passait quelque chose de qualitativement différent sur le web d’aujourd’hui. Pour lui, comme pour l’ancien rédacteur en chef de Wired, Kevin Kelly, la clef du succès dans cette nouvelle étape de l’évolution du web réside dans l’intelligence collective. “Le web 2.0 repose sur un ensemble de modèles de conception : des systèmes architecturaux plus intelligents qui permettent aux gens de les utiliser, des modèles d’affaires légers qui rendent possible la syndication et la coopération des données et des services… Le web 2.0 c’est le moment où les gens réalisent que ce n’est pas le logiciel qui fait le web, mais les services !”

Vu par les techniciens de l’internet, le “nouveau” web a pour objectif de rendre les sites web compréhensibles par des machines via un ensemble de technologies (pour résumer, celles du web sémantique) qui permettent d’agréger ou de partager des services et des contenus, de refondre les interfaces, etc. Vu par les designers, le web 2.0 parle de l’amélioration de l’expérience utilisateur. Ainsi, pour Frédéric Cavazza, spécialiste d’utilisabilité et d’ergonomie, le web 2.0 combine, d’un côté, une amélioration des interfaces utilisateurs et de l’autre, des architectures plus flexibles, des protocoles de communication plus ouverts (web services), une interopérabilité plus poussée… Le web 2.0 repose sur une multitude de petites améliorations technologiques (la révolution AJAX, comme disait récemment encore Wired), ergonomiques (interfaces riches), sémantiques (micro-formats)… qui donnent des résultats d’une grande souplesse d’utilisation comme NetVibes par exemple, un agrégateur en ligne utilisant ces techniques.  

 A qui s’adresse en définitive le Web 2.0, se demande alors le consultant en “usabilité” Peter Merholz ? Aux ordinateurs, comme le clame Jeff Bezos d’Amazon, ou bien aux utilisateurs auxquels il confère un pouvoir nouveau ? Joshua Porter se range résolument du côté des utilisateurs : technologiquement, rien d’essentiel n’a changé sur l’internet depuis 10 ans. L’essence du “nouveau web” réside dans ce qu’en font aujourd’hui les gens. Pour lui, le web 2.0 c’est le partage de l’information, fondé sur des bases de données ouvertes qui permettent à d’autres utilisateurs de les employer.

Dannah Boyd, sociologue et chercheuse chez Yahoo!, s’intéresse moins à la distinction machines/humains qu’à la “glocalisation” : la glocalisation c’est quand un produit global est également adapté aux particularités locales, quand il restitue à la globalisation sa dimension sociale. En mettant en avant, par exemple, les Folksonomies qui permettent d’ajouter des mots clefs à des contenus, ou le rôle du remix, elle s’intéresse aux “nouvelles structures de réseau qui émergent des structures globales et locales”. Le web 2.0 donne aux gens la possibilité de trouver, organiser, partager et créer de l’information d’une manière à la fois personnelle et globalement accessible. Il est alors entendu comme une “variation structurale dans l’écoulement de l’information”.

Pour Ian Davis, enfin, le web 2.0 est une attitude, une philosophie d’ouverture sociale dont le but est d’abandonner le contrôle individuel sur les choses au profit de la participation du plus grand nombre.

Pour tous, le web 2.0 est une plate-forme d’innovation qui fait en quelque sorte du web un système d’exploitation. Richard Marcus, de Web 2.0 Explorer, met tout le monde d’accord : que ce soit celles des techniciens, des sociologues, des web designers, des philosophes, des éducateurs, des businessmen… toutes les définitions du web 2.0 comptent, comme le souligne aussi Richard MacManus qui en a répertorié beaucoup.

Le web 2.0 est social, est ouvert (ou il le devrait), il vous laisse le contrôle de vos données, il mélange le global au local. Le web 2.0 correspond à de nouvelles interfaces – de nouvelles manières de rechercher et d’accéder au contenu. Le web 2.0 est une plateforme – et pas seulement pour que les développeurs créent des applications comme Gmail ou Flickr. Le web 2.0 est une plateforme prête à recevoir les éducateurs, les médias, la politique, les communautés, pour pratiquement chacun en fait ! Le web 2.0 c’est tout cela et ne laissez personne vous dire que c’est l’une ou l’autre de ces définitions. Le web 2.0 parle des personnes, quand le web descend à eux.”

 

Dans son excellent article “Web 2.0 : la puissance derrière le battage médiatique” (”Web 2.0 : The Power Behind the Hype”), le webdesigner Jared M. Spool va dans le même sens : le web 2.0 n’est pas une chose, mais une collection d’approches, qui toutes convergent sur un monde de nouveaux développements. Ces approches, y compris les API, RSS, Folksonomies, Réseaux sociaux…, proposent soudainement aux créateurs d’applications une nouvelle manière d’approcher des problèmes complexes avec des résultats étonnemment efficaces.

Le web 2.0 n’est pas une révolution technique accessible aux seuls développeurs. Il repose sur des outils simples d’utilisation centrés sur l’utilisateur. J’ajouterais même, sur l’utilisateur en réseau. Car cet individu n’est pas atomisé, mais bien relié aux communautés qui sont les siennes.

La souplesse du concept englobe un peu toutes les innovations actuelles du web en en régénérant l’attrait. Un peu comme les modernes chassent les modernes. Un peu comme l’internet nouvelle nouvelle génération chasse l’internet nouvelle génération, lui-même chassant l’internet… Tout en permettant à tous de coexister.

Dans ce nouveau départ, dans cette nouvelle vague de réappropriation du web, ne faut-il pas voir tout simplement que l’internet devient enfin un horizon où projeter ses attentes. Que le web devient non plus une aventure technologique, mais bien une aventure humaine.

Par : Hubert Guillaud et Cyril. “Internet 2, le web de demain”   En ligne : http://www.futura-sciences.com/fr/comprendre/dossiers/doc/t/telecoms/d/internet-2-le-web-de-demain_582/c3/221/p2/

 (02/05/2007)

 

Joël de Rosnay
Conseiller du Président
Cité des Sciences et de l’Industrie – La Villette – Paris – France 

Joël de Rosnay, futurologue et spécialiste des nouvelles technologies a répondu à vos questions sur le web 2.0 et nous a livré quelques unes de ses prédictions sur l’avenir d’Internet. Zoom sur l’intégralité du chat.  

Le Web 2.0, qu’est-ce que c’est ? 

Le web 2.0 est un grand mot qui veut dire beaucoup de choses et dont tout le monde s’empare. En réalité, il signifie l’usage de nouveaux outils donnés aux internautes pour créer des contenus numériques. Ce qui constitue ce que l’on appelle de plus en plus ” des contenus générés par les utilisateurs” (user generated contents). Pour moi c’est surtout cela le web 2.0. Mais de manière plus précise il est représenté par les blogs, les journaux citoyens, les wiki, MySpace, Flikr, Delicious, etc… 

La futurologie, qu’est-ce que c’est exactement ? 

La futurologie consiste à prévoir des tendances fortes qui construisent l’avenir. On parle aussi de prospectives ou en anglais de “technological forecasting”. Les anglo-saxons appellent aussi les futurologues des “futurists”. En fait aujourd’hui, la futurologie s’appuie sur une série de méthodes bien définies telles que : l’extrapolation linéaire, l’analyse fonctionnelle, la simulation sur ordinateur, les Delphi, les arbres de pertinence et l’usage de scénarios. Le plus souvent, on fait une combinaison de ces différentes méthodes pour arriver à mieux étudier notamment les tendances convergentes. 

Qu’avez-vous fait comme études ? 

Mon parcours est celui d’un scientifique. J’ai fait un doctorat ès Sciences en chimie organique à l’Institut Pasteur de Paris ce qui m’a conduit à me rapprocher de la biologie. Je suis parti ensuite comme “post doc” à Boston au MIT (Massachusetts Institute of Technology) comme chercheur et enseignant dans le domaine de la biologie et de l’informatique. Après 7 ans aux USA où j’ai notamment occupé en plus du MIT des fonctions d’attaché scientifique à l’ambassade de France, je suis revenu en France où j’ai travaillé dans le Venture Capital (financement d’innovations technologique) comme directeur scientifique de la société EED. J’ai ensuite passé 10 ans à l’Institut Pasteur comme directeur des applications de la recherche puis 20 ans à la Cité des Sciences et de l’Industrie où j’exerce toujours la fonction de conseiller du président. Par ailleurs, je suis président de ma propre société de conseil Biotics crée en 1992 et écrivain scientifique (auteur d’une douzaine de livres). Vous trouverez plus d’informations sur mon CV en ligne derosnay.com puis cliquez sur CV. 

Qu’est-ce que sont les Delphi et les arbres de pertinence ? 

La méthode Delphi consiste à interroger une série d’experts internationaux afin de leur demander de donner une fourchette dans le temps pour l’arrivée d’une innovation technologique attendue. Par exemple : la pile à combustible, le visiophone bon marché, la supra conductivité ou la fusion nucléaire. Toutes les réponses sont traitées dans un ordinateur pour affiner la fourchette prédite dans le temps. Les arbres de pertinence sont constitués par une série de ramifications conduisant d’un secteur à un autre et permettant de suivre les dérivés d’une technique par rapport à une autre. Par exemple : pour le téléphone, le tronc de l’arbre était représenté il y a 20 ans par les téléphones fixes et le combiné classique puis il y a une quinzaine d’années par l’arrivée des téléphones mobiles et maintenant par les téléphones multifonctions comportant caméra, GPS, boussole, navigateurs, etc… Les arbres de pertinence permettent d’appliquer cette méthode ramifiée à d’autres secteurs technologiques en mesurant les segments temporels conduisant à une bifurcation.   

Qu’entraînera selon vous la révolution 2.0 ? Va-t- elle changer le monde et si oui de quelle manière ? 

La révolution du web 2.0 ne va certainement pas changer le monde mais modifier les comportements et les réseaux de communication sociaux. En effet, l’histoire montre que ce n’est pas la technologie qui change la société mais la réappropriation par la société de certaines technologies. Mais je reprends le mot de révolution, la rapidité avec laquelle la réappropriation des outils de pouvoir se fait par ceux que j’appelle les “pronétaires” démontre que des changements très profonds sont en cours. 

Vous parlez souvent de “pronétaires”. Pourriez-vous en donner une définition

J’ai crée ce terme de pronétaires (formés à partir de ceux qui sont pour et sur le net) pour faire un parallèle avec les prolétaires décrits par Karl Marx dans ses ouvrages. La grande différence entre les deux est que les prolétaires n’étaient pas propriétaires de leur outil de travail. Ils n’avaient que leur seule force physique de travail pour toucher un salaire (prolos = lignée en grec). En revanche les pronétaires ont la maitrise des outils de création numérique : musique, texte, vidéo, journaux citoyens…Ce sont des outils de pouvoir (en anglais enpowerment tools) d’où les rapports de force qui naissent entre les pronétaires et les “infos-capitalistes” détenteurs des droits de grilles de programmes, des contenus sous copyright etc… C’est à dire les Majors des “Mass Media” : TV, radio, musique et DVD, éditions et journaux, publicité de masse et opérateurs de téléphone. De leur côté les pronétaires créent ce que j’appelle les médias de masse comme des journaux citoyens (Agoravox) ou les encyclopédies de masse comme les Wiki et toutes sortes de sites gratuits qui font concurrence aux systèmes de production classique et de distribution pyramidale. 

Quelles vont être les grandes nouveautés de l’internet de demain ? 

Les grandes nouveautés de l’internet de demain vont porter sur différents secteurs. D’abord pour l’internet proprement dit les VTHD (vraiment très haut débits). Le “web intuitif”, les moteurs de recherche contextuels et sémantiques, l’avènement de l’IPV6 permettant aux routeurs de mieux bloquer le spam et les virus. Mais il s’agit là toujours de questions de “tuyaux”. Un autre secteur dans la ligne des réponses précédentes sur le web 2.0 et les pronétaires va être l’explosion des contenus générés par les utilisateurs avec au premier chef les logiciels collaboratifs, les émissions de télévision, de radio, les journaux, les livres, les films, du matériel éducatif etc… Grâce aux nouveaux outils du “social networking”, on va voir émerger une forme d’intelligence connective ou d’intelligence collaborative (termes que je préfère à celui d’intelligence collective, trop utilisé). Enfin, un secteur digne d’intérêt du web de demain sera celui du Mobile Net. En effet, le téléphone portable se transforme en un véritable ordinateur (avec fonctions déportées pour la lecture sur des écrans plus grands, l’écriture sur des blocs de papier spéciaux, des écouteurs dissimulés dans l’oreille) dotés de fonctions d’orientation (GPS, boussoles, systèmes de navigation…) et de logiciels multimédia ; le téléphone va devenir un véritable ordinateur de poche puissant permettant la connexion à Internet ainsi que la télévision en temps réel. Mais pour moi, la plus grande révolution du téléphone et d’internet de demain sera la gratuité du téléphone en raison de la Wifi qui sera présente dans toutes les grandes villes. De plus, l’ordinateur du futur sera d’après ma prédiction notre environnement immédiat doté de puces interactives permettant aux objets et aux humains de communiquer les uns avec les autres.

Que pensent les éditeurs quand vous leur dites que vous allez mettre un livre gratuitement sur le net ? 

Mon dernier livre La révolte du pronétariat a été mis en ligne gratuitement 6 mois après son lancement en librairie sur Internet. Mon éditeur, un des plus grands de la profession Fayard pour ne pas le nommer, a considéré ma demande contractuelle avec une pointe d’inquiétude. Mais, ma demande figurait dans mon contrat et effectivement après 6 mois en librairie où le livre a connu un franc succès il a été mis en ligne le premier juillet sous licence Creative Commons sur les sites suivants : pronetaire.com ; agoravox.com et derosnay.com. Il est disponible en “.doc”, “.pdf” et surtout, ce qui a beaucoup de succès, en MP3 pour les iPod car lus entièrement par une voix de synthèse, fort agréable d’ailleurs. Surprise de l’éditeur, depuis que le livre est gratuit et malgré plusieurs milliers de téléchargements, il connait un rebond des ventes en librairie. Voilà bien le paradoxe d’internet et la nécessaire complémentarité entre l’édition papier et la publication numérique.   

“Les blogs peuvent être la meilleure et la pire des choses.” 
Que pensez-vous des blogs ? Pensez vous qu’ils soient vraiment influants ?

Les blogs peuvent être la meilleure et la pire des choses. Certes, ce sont des outils d’expression personnelle, qui n’auraient pu passer les filtres des maisons d’édition, des journaux, des chaines de TV ou de radio. Mais ils peuvent être de terribles moyens de désinformations. Nous savons tous comment amplifier des informations grâce à la connexion des blogs entre eux (fils RSS). Ces infos sont souvent reprises du fait de leur quantité par des grands médias traditionnels. Le système fait boule de neige. Il peut donc avoir une forte influence positive mais aussi négative. On l’a vu dans des campagnes de diffamation contre des personnalités politiques ou des journalistes connus. 

Qu’est ce qu’un fil RSS ? 

Un fil RSS (really simple syndication) est un petit logiciel qui permet de connecter des blogs entre eux de telle sorte que si une mise à jour est faite sur un blog auquel on est abonné, on reçoit immédiatement un message informant du changement qui vient de se produire. Ce qui permet, non seulement de suivre certaines infos en temps réel (blogs économiques, scientifiques, sportifs) mais aussi de créer des “smart mobs” groupes ou foules “intelligentes” capables de réagir très rapidement à certains sujets exprimés sur des blogs. 

“Le web 2.0 transforme les consommateurs en consom-acteurs, les téléspectateurs en téléspec-acteurs.” 
Le web 2.0 est-ce un danger pour les autres médias ? 

Le web 2.0 n’est pas un danger pour les médias classiques qui ont compris la culture du web. En revanche, c’est un réel danger pour ceux qui continuent à mettre en œuvre une structure pyramidale de production, de diffusion, d’économie d’échelle, de produits standard et qui se fondent sur l’économie de la rareté et la diffusion de masse à des publics passifs. Le web 2.0 transforme les consommateurs en consom-acteurs, les téléspectateurs en téléspec-acteurs. L’intérêt des médias traditionnels est donc d’utiliser ce potentiel de créativité de ce que l’on appelle de plus en plus ” la longue traîne” (long tail) terme dû à Chris Anderson dans son livre désormais célèbre et qui constituent l’armée des pronétaires à l’échelle mondiale. Je vois donc une complémentarité naissante entre les Mass média classiques et les médias des masses. Ceux qui ne le feront pas sont mal partis ! 

Aujourd’hui quel est le meilleur exemple du Web 2.0 ? 

Voici 3 exemples de sites typiques du web 2.0 :

1- Agoravox.fr : journal citoyen rédigé quotidiennement par 8000 bloggeurs et qui a 1 million de lecteurs par moi avec la télévision, la radio et bientôt les reportages photos dans le journal.

2- YouTube et Daily Motion : des émissions de TV, des documentaires, des films, de la publicité, créent par une foule de pronétaires utilisant des outils numériques typiques du web 2.0.

3- MySpace : site global d’expression personnelle utilisant une extraordinaire variété d’outils pronétaires permettant de diffuser de la musique, de la vidéo, des textes et de se connecter à des réseaux d’amis dans le monde entier. 

Evidemment, il ne faut pas oublier les grandes plateformes qui catalysent l’intelligence collaborative et que l’on appelle aussi des agrégateurs de la longue traîne à savoir Google, Yahoo, MyYahoo, Netflicks, ITunes, Ebay ou encore Delicious. En fait avec le web 2.0, on passe de la société de l’information à la société de la recommandation. La longue traine serait un souk, un chaos inexploitable sans les moteurs de recherche, les filtres, les tags et les recommandations des pronétaires. C’est ce qui permet de se guide dans la jungle de l’information comme avec les pierres du petit poucet dans la forêt ! 

Selon vous, le podcast va-t-il connaître un boom dans les prochaines années ? 

Le podcast connait déjà un développement explosif tant pour les podcasts radio que vidéo. Avec la diminution du coût des téléphones munis de “camphone”, des PDA capables d’enregistrer des podcasts radio ou vidéo. On va voir proliférer une foule d’émissions, de films ou de reportages. La difficulté sera de trier, de modérer, de sélectionner, de rendre pertinente une information pléthorique. D’où l’importance des moyens cités plus hauts à savoir les recommandations, les filtres, les tags, et les moteurs de recherche. 

“La prochaine étape sera la commande par la parole… on va commander ses logiciels par la voix.” 
Pensez-vous que le web sur mobile rencontrera le succès dont tout le monde parle ? Pourquoi ? 

Je pense effectivement que le web sur les mobiles connaîtra un très grand succès. Il y a plusieurs raisons à cela. La première tient à ce que l’on appelle la gratification instantanée (instant gratification). Grâce à un bouton, un clic, on peut zapper, écouter de la musique, appeler un correspondant, envoyer une photo, en recevoir, faire entendre sa sonnerie à tous ses amis… C’est immédiat, personnalisé, fun, et en principe utile. Autres raisons : le téléphone est un objet personnel comme des lunettes, un portefeuille, un bijou, une montre… Il apparait de plus en plus comme un objet précieux avec un couvercle personnalisé, des couleurs dorées ou argentées. On aime son téléphone-ordinateur et on ne le prête pas… Et puis surtout, même si on utilise que 10 à 20% de ses fonctions, c’est beaucoup plus simple qu’un PC à utiliser et à configurer. Pas de modem, pas de webcam. Tout est intégré. La prochaine étape sera vraiment la commande par la parole. Le téléphone étant fait pour parler, on va commander ses logiciels par la voix et ce de plus en plus. 

Quelle est selon vous la prochaine innovation technologique ? L’iPhone d’Apple ? 

Je pense que les prochaines révolutions technologiques des portables et des PDA vont venir de plus en plus ce que l’on appelle les TDA (tactile digital assistant ou en en anglais thumbs driven digital assistant). En effet, les grands constructeurs se sont aperçus que la jeune génération utilisait de plus en plus les pouces pour entrer de l’information sur les PDA. Le clavier et le stylet vont laisser leur place de plus en plus à des systèmes tactiles pilotés par les pouces. Ipod s’est engagé dans cette voie avec la molette centrale mais ces systèmes vont se généraliser dans les 3 à 5 ans à venir. 

Vous êtes un éminent scientifique et votre fille s’est lancée dans le surf ? Où est le bug ? 

Jenna va très bien, elle a crée sa propre entreprise de surfwear. Jenna est ma belle sœur, mon frère Arnaud a disparu il y a 22 ans en tentant la traversée de la Chine vers Taiwan en Windsurf. Nous pratiquons beaucoup le surf sur internet mais aussi sur les vagues. Je suis moi même un surfeur passionné voir trop acharné pour ma famille. 

Vous travaillez sur un nouveau livre ? 

En plus de mon travail à la Cité des Sciences et de l’Industrie comme conseiller du président et de mon entreprise Biotics, je participe à des émissions de TV et j’écris des nouveaux livres. En préparation : j’ai une émission de TV sur France 2 qui sera diffusée fin 2007/ début 2008 avec pour titre provisoire L’odyssée du futur qui fait le pendant à la célèbre émission l’odyssée de l’espèce qui avait réuni 9 millions de téléspectateurs et dont le conseiller était Yves Coppens. L’horizon de cette odyssée du futur est l’an 2500 ! Mon prochain livre paraîtra le 20 avril 2007 avec pour titre “2020, les scénarios du futur”. Enfin, je rédige actuellement un livre qui sera publié au printemps/été 2008 et qui portera sur la nouvelle biologie et sur les avantages ainsi que les risques de ces développements scientifiques pour l’Humanité

 Tiré du blog de Joël de Rosnay”  

Référence d’origine: Chat en direct sur le site du journal « l’Internaute ».

15 Décembre 2006

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